6 h du matin : la machine à café part et les douches chaudes s’enchaînent. À l’occasion, on termine un cycle de lavage et de séchage pendant que le déjeuner se prépare, la télé joue et que l’internet roule avant de partir faire sa journée.
Autour de 16 h, le même ballet recommence pour la plupart d’entre nous avec le retour à la maison et la préparation du souper.
L’idée ici n’est pas de provoquer une crise existentielle face à notre quotidien, mais plutôt de relever les périodes de pointe de tous les jours pour parler de peak shaving, ou d’écrêtage en bon français.
Qu’est-ce que l’écrêtage?
L’écrêtage consiste à absorber les périodes de forte demande d’énergie à l’aide d’une source alternative, comme une batterie, plutôt que de tirer toute cette puissance du réseau en même temps.
Résultat : on évite les pics de consommation, on soulage le réseau… et on garde le contrôle sur sa façon de consommer.
La batterie se charge durant la journée, lorsque la demande est plus faible, pour prendre le relais au moment voulu.
Cette méthode de gestion de l’énergie est utilisée depuis longtemps par de grandes entreprises afin de réduire leur facture d’électricité, diminuer la pression sur le réseau et assurer le bon fonctionnement de leurs équipements durant les périodes ciblées.
L’onduleur : la pièce maîtresse
Pour y arriver, on fait appel à l’onduleur.
L’onduleur est l’appareil relié à la batterie qui transforme l’énergie stockée en courant alternatif (120 V, 240 V), soit le type de courant utilisé dans nos maisons.
Mais surtout, c’est lui qui permet de gérer intelligemment l’énergie entre le réseau électrique et la batterie.
Gérer les pointes de consommation
En plus de servir de système de secours lors des pannes de courant, l’onduleur peut être programmé pour gérer les pointes de consommation.
Certains modèles se programment directement à partir de leur écran, tandis que d’autres peuvent être connectés à internet et gérés via un portail en ligne ou même une application mobile.
Dans tous les cas, on peut déterminer les plages horaires où l’onduleur prend le relais du réseau, et ce, jusqu’à un certain niveau de décharge de la batterie.
Par exemple, il est possible de programmer le système pour qu’il utilise la batterie tous les jours entre 6 h et 9 h le matin, puis de nouveau entre 16 h et 20 h, lorsque toute la maison fonctionne simultanément.
Résultat : la maison continue de fonctionner normalement, sans créer de forte pointe de consommation sur le réseau.
Si l’onduleur ne peut pas se connecter directement à internet, des appareils comme le Cerbo GX MK2 de Victron permettent de faire le lien.
Volthium a également développé, en partenariat avec Hilo, une passerelle permettant de participer automatiquement aux défis de réduction de consommation.
Le système ajuste alors l’utilisation de la batterie selon les périodes critiques du réseau, sans que vous ayez à y penser. En savoir plus sur la passerelle de synchronisation Hilo de Volthium.
La batterie génératrice
Comme mentionné précédemment, l’onduleur peut aussi gérer les besoins en énergie lors d’une panne de courant.
La combinaison onduleur-batterie représente donc un véritable 2 pour 1 :
- Un système de secours lorsque le courant coupe
- Un outil intelligent pour mieux gérer sa consommation au quotidien
Certaines personnes parlent de « batteries génératrices », puisqu’elles permettent de remplacer une génératrice, ou du moins d’en réduire grandement l’utilisation.
Dans bien des cas, l’onduleur peut être relié à une génératrice pour recharger la batterie lors d’une panne prolongée, ainsi qu’à des panneaux solaires pour faire de l’autoproduction et profiter du programme de mesurage net.
Au moment d’écrire ces lignes, il n’existe pas encore d’incitatifs financiers spécifiques pour ce type de système, mais cela pourrait évoluer avec l’objectif d’Hydro-Québec de brancher 125 000 foyers.
Une question de capacité
Lorsqu’on choisit un onduleur, deux éléments sont particulièrement importants :
- Sa capacité d’entrée (ce qu’il peut recevoir)
- Sa capacité de sortie (ce qu’il peut fournir)
La capacité d’entrée correspond à la puissance que l’onduleur peut accepter en provenance de panneaux solaires ou d’une génératrice.
La capacité de sortie représente ce qu’il peut fournir simultanément à la maison lorsqu’il prend le relais du réseau.
C’est ici que l’efficacité énergétique des appareils joue un rôle clé : moins ils consomment, moins la capacité requise est élevée.
Le mesurage net : quand le réseau devient votre batterie virtuelle
Lorsqu’on ajoute des panneaux solaires à un système comprenant une batterie et un onduleur, il est possible de profiter du programme de mesurage net d’Hydro-Québec.
Le principe est simple :
Lorsque vos panneaux produisent plus d’énergie que votre maison n’en consomme, l’excédent est envoyé sur le réseau.
Hydro-Québec vous crédite cette énergie sous forme de kilowattheures, que vous pouvez utiliser plus tard lorsque la production est insuffisante (le soir, l’hiver ou par temps couvert).
On peut donc voir le réseau comme une batterie virtuelle :
- Vous y déposez votre surplus solaire
- Vous le récupérez lorsque vous en avez besoin
Dans un système complet :
- La batterie gère les pannes et les pointes
- Les panneaux produisent votre énergie
- Le réseau sert de réservoir à long terme
Résultat : vous maximisez votre production solaire, réduisez votre dépendance au réseau et utilisez votre énergie au bon moment, de la bonne façon.
Il existe différentes familles d’onduleurs adaptées aux systèmes sur réseau et hors réseau. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter ou à visiter notre section pour les systèmes de backup.
Pour voir des projets solaires sur réseau, vous pouvez également consulter notre section Projets ou lire ce dossier de La Presse dans lequel l’un de nos projets est présenté : Lumière sur trois projets solaires.